| Maltraitances psychiques chez les personnes sévèrement handicapées |
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| Ecrit par Monique Martinet | |
| jeudi, 10 décembre 2009 11:13 | |
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Comment aborder ces maux ? Le préalable est probablement d’oser dire et même écrire que les personnes en grande dépendance - soient à handicaps complexes et n’ayant pas la possibilité de se représenter elles-mêmes, ont une vie psychique et, à ce titre, éprouvent des sentiments, des joies, des peines, des frustrations… comme tout humain (représentations : diversité humaine, citoyen, compensation).
Un autre préalable est de pouvoir mettre en évidence que ces personnes souffrent psychiquement ; et notamment de différencier la douleur psycho-affective de la douleur organique (épreuve de l'antalgique ; échelles d'évaluation de la douleur psychique / versus échelles d'évaluation de la douleur organique). Comment l’enfant, l’adolescent, l’adulte en situation de handicap sévère, peut-il exprimer sa souffrance psycho-affective s’il ne parle pas ? (verbal, passage à l'acte, somatisation) : modifications des interactions, expressions émotionnelles, isolement, désinterêt, troubles alimentaires, su sommeil..., auto et/ou hétéro agressivité.
La souffrance psycho-affective de ces personnes, en lien avec leur situation de grande dépendance, recouvre un vaste domaine - les maltraitances à caractère psychique y contribuent.
Nous traiterons ici que des situations institutionnelles, thème du colloque. Emanant du groupe, d’un professionnel, de la structure (médicosociale et médicale), des autres résidants. Cela recouvre parfois la solitude, notamment face à la douleur organique, à l’aggravation de l’état de santé, aux frustrations liées aux manques de capacités, aux pertes familiales ; mais aussi la promiscuité, le confinement ; ou encore la non prise en compte des demandes ; les traitements médicamenteux etrééducatifs imposés (les remettre en cause) ; diverses humiliations ; la non prise en compte de son avis pour décorer sa chambre, choisir son tuteur, … ; l’absence de « juste distance affective » protectrice ou au contraire le rejet, l’isolement, la carence affective, le retentissement de l'épuisement (burn out) des professionnels.
Le risque des maltraitances psychiques est la transformation de la personne, un changement des sentiments ressentis (par exemple de la dépression à la place de la colère), la perte de l'élan vital. Rappelons qu'il est plus facile de traiter quelconque souffrance à son début qu'une fois installée. Citons aussi les directives du Conseil de l'Europe et de la législation française : faire évoluer les institutions adultes vers des lieux de vie personnalisés. |
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| Mis à jour le ( jeudi, 10 décembre 2009 11:15 ) |