| ABUS SEXUELS CHEZ LES ENFANTS HANDICAPES : Possibilité d’intervention précoce |
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| Actes de colloques | |
| Ecrit par Monique Martinet | |
| mardi, 24 novembre 2009 09:58 | |
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Quels sont les particularités des abus sexuels chez l’enfant présentant un handicap mental par rapport à une population infantile sans déficit intellectuel ?
Une difficulté réside dans les possibilités d’échanger avec cet enfant. Comprend-t’il bien ce que son interlocuteur lui dit. Certains, se sentant en situation d’échec du fait de leur déficience, répondent par l’affirmative aux questions posées. Ils peuvent encore utiliser des phrases toutes faites dont ils ne maîtrisent pas réellement le sens.
Les avocats, juges, jurés, voire les policiers, ont besoin d’être éclairés sur la pathologie présentée par l’enfant qu’ils reçoivent : retard intellectuel sévère, pauvreté du langage, difficulté à réaliser qu’il se met en danger, à élaborer des interdits... Un bilan neurologique permet de préciser les capacités mnésiques, de repérage chronologique, dans l’espace, de compréhension ou encore d’élocution de l’enfant, pouvant faire comprendre des erreurs, des insuffisances, des contradictions dans ses réponses. Dans le cas d’autisme les particularités du fonctionnement psychique et cognitif peuvent conduire à des incompréhensions des interactions ; avec des conséquences dans les relations agresseur-agressé.
La connaissance de l’état psychoaffectif du jeune, qu’il soit victime ou auteur des faits : histoire personnelle, état dépressif, névrose traumatique post-agression, vécu abandonnique, permet une meilleure analyse des circonstances des abus. Leur décalage de maturité, de même au niveau de la sexualité, les rend vulnérables. Ils sont souvent suggestibles, influençables et victimes « des plus forts » dans les centres.
Un jeune présentant un retard intellectuel a peu d’élaboration psychique, analyse peu les évènements qu’il vit, subit ou déclenche. Il a souvent de faibles capacités d’expressions de ses émotions. Il peut mélanger réalité et imaginaire, ce qui rend difficile l’appréciation de la véracité de ses dires. Un handicap intellectuel favorise l’état de dépendance, des peurs.
Leur comportement est généralement très instinctif, leur compréhension des codes sociaux faible. Ceci peut entraîner des ambiguïtés de perceptions de leurs attitudes chez leur interlocuteur, avec au maximum perception de consentement à la relation sexuelle alors que tel n’est pas le cas. Ils ne perçoivent guère qu’ils se mettent en danger sexuel. L’image du corps est souvent pauvre.
Dans l’ensemble les enfants handicapés révèlent plus vite les abus sexuels que les enfants de même âge sans handicap intellectuel.
Les adolescents handicapés mentaux fonctionnent plus simplement sur le plan psychique, souvent sur le mode cause à effet. La prison est bien perçue comme une punition. Pour eux, la fin des faits est souvent, libératrice, même si les professionnels observent d’autres comportements persistants en lien avec le traumatisme ; plus ou moins perçus par l’enfant victime lui-même. Qu’ont-ils comme séquelles à moyen et long terme ?
Le risque de récidive, comme victime ou auteur, est à appréhender chez l’enfant ou l’adolescent en tenant compte de son handicap mental.
CONCLUSION
La prévention repose sur l’éducation sexuelle. Elle est possible et oh combien indispensable chez ces jeunes. Il s’agit de leur offrir la possibilité de découvrir leur corps... de ne pas les laisser seuls avec leurs questions...
Sur le plan juridique, le handicap complexifie les notions de consentement et de tendance à l’affabulation.
Mots-clefs : abus sexuels - prévention - jugement - mensonge - consentement éclairé
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